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2013-2015 . Aix-en-Provence (F-13)

Crédits photos : Lisa Ricciotti

Des collines de Provence, les pentes plantées de pins centenaires émanent un sentiment de plénitude.

La rigueur du soleil, écrasant de son ombre le labeur de l’Homme, signifie la dureté du paysage.

Tout ici concoure au regard haletant d’une Provence extraordinaire.

Au loin le ciel impose sa présence.

Omniscient, il découpe les roches calcaires du Pilon du Roi et de la Duranne. Cette roche si claire surgit de la garrigue suspendue du bleu au vert. La couleur devient ici la sensation d’une pensée.

Mouvements des arbres et du ciel s’entrechoquent à la couleur du paysage.

Le projet présenté aujourd’hui est celui si trivial de deux maisons individuelles. L’usage de la villa a été de tout temps, l’expression d’une prise de possession du paysage. Elle est également, le reflet d’une intelligence de mise en œuvre. 

Au-delà, la sensation fait acte dans les lieux ou l’habitude, la répétition et le banal prennent par essence naissance.

La Villa a cela d’extraordinaire qu’elle s’adresse à une histoire personnelle riche, intime, délicate et porteuse d’un sens profond. Le logis n’est pas simplement le reflet de ses pensées, il est parfois d’avantage l’élan d’une vision d’un monde rêvé dans lequel l’Homme prend sa place.

Le projet est la continuité de cette réflexion. Un travail fin et méticuleux a été réalisé au cours des sept années d’études avec les maîtres d’ouvrage afin d’exprimer avec des mots, des paroles, des écrits, des croquis, des maquettes, des poèmes, des matières, des souvenirs, des rêves, des disputes, des ambitions ce que pourraient être leurs logis. Le lieu de l’abris.

Au-delà de penser la maison, le projet tente de capter le paysage.

La densité de la masse bâtie capture les collines et le ciel et le fait pénétrer au cœur du salon.

La fenêtre disparaît pour exacerber l’espace intérieur. La limite entre le dedans et le dehors se questionne. La maison devient alors une piscine. La réalité des vides dessine la course du soleil, les paysages défilent cadrés par la masse.

Le plein et le vide se font face, le carré devient alors la géométrie unificatrice

De là, le souvenir de Puruchuco. Cette maison d’un chef Incas découverte au Pérou (Lima), ce souvenir poignant d’une masse minérale dessinée par le mouvement de l’Homme dans l’épaisse topographie du site. Le lieu est un extraordinaire lien immuable du corps, de l’esprit et du paysage.

La découverte de ce lieu nourrit l’imaginaire des maisons pour tisser un lien invisible d’une terre lointaine.

Le rêve d’une promenade dans le jardin de la villa Rotonda à Vicence. Cette villa centrée qui capte d’un seul regard la campagne vénitienne.

La matière est ici fabriquée par l’épaisseur de l’air que nous respirons. Elle se joue de notre regard pour se faire opaque, lisse et douce. Le béton devient alors soyeux et délicat, porteur d’une histoire qui prend sa source dans le chant léger du bruissement des arbres.

La matière devient ici sensible à l’Homme et son histoire sensible au temps qui laisse derrière lui à jamais la marque indélébile de nos souvenir.

La matière sensible pour une architecture silencieuse.

FICHE TECHNIQUE :

Maîtrise d’ouvrage privée
Architecte concepteur : Stéphane Fernandez
Construction d’une villa contemporaine en béton brut blanc